Le réseau de ferme du Ternois, un groupe moteur du changement

Le GIEE du Ternois : 27 agriculteurs investis dans la réduction de produits phytosanitaires

En novembre 2016, 27 agriculteurs du secteur du Ternois et du Calaisis ont constitué le GIEE du GEDA du Ternois. Labellisé également groupe 30 000, l’objectif du collectif est de trouver des solutions agronomiques adaptées au territoire pour réduire l’usage d’intrants tout en restant performant sur le plan économique et social.

Historiquement, beaucoup d’entre eux travaillaient sur la protection intégrée du blé et réalisaient des essais individuellement pour limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. 15 agriculteurs appartenaient également à un réseau DEPHY depuis fin 2015. La création du GIEE est venue de la volonté des agriculteurs de mutualiser les essais pour minimiser les risques et partager plus facilement leurs expériences.

Aujourd’hui, les agriculteurs mettent en place des essais suivis par la Chambre d’agriculture sur une ou plusieurs parcelles. Cultures associées, désherbage mécanique, solution de bio-contrôle, diminution du travail du sol, chaque essai permet de valoriser des indicateurs tels que les marges économiques, les IFT, les temps de travaux et les consommations de carburant. L’enjeu majeur du GIEE est l’acquisition de références techniques solides et une diffusion large auprès des autres agriculteurs.

Un groupe qui se veut moteur

Le groupe souhaite être moteur du changement pour pouvoir répondre aux contraintes réglementaires de plus en plus fortes. Il s’attache également à communiquer auprès du grand public pour que ces derniers comprennent les enjeux de l’agriculture près de chez eux et les changements de pratiques qui y sont faits.

Le 21 juin dernier, les membres du GIEE se sont retrouvés pour un tour de plaine afin d’échanger sur les essais mis en place dans le groupe. Au programme : désherbage localisé en betterave, désherbage mécanique en blé, culture associée en pomme de terre et colza, produits de biocontrôle sur le lin contre les altises et l’oïdium et utilisation de strip-till sur une parcelle de maïs.

Chaque visite a permis de faire un état des lieux sur ce qui a fonctionné ou non sur la parcelle, de faire le tour des pratiques de chaque agriculteur et surtout de voir ce qui peut-être amélioré et testé l’année prochaine !

Les premières récoltes arrivent bientôt et permettront de sortir les premiers résultats économiques de cette campagne !

Au programme des mois prochains 

Ce mois-ci, les agriculteurs réfléchissent à leur variété de blé à sélectionner pour la prochaine campagne. S’ils veulent faire l’impasse du premier fongicide et du régulateur, c’est dès maintenant que cela se décide en choisissant des variétés résistantes moins coûteuses à produire.

Fin août, des essais de colza associé à des légumineuses seront mis en place.  Un des objectifs est de comparer l’efficacité de certaines légumineuses pour limiter l’enherbement. Certaines parcelles ne seront donc pas désherber pour évaluer le potentiel des plantes compagnes.

En septembre, une analyse technico-économique de leur pratique sera réalisée. Le groupe se réunira avant les semis de culture de céréales pour comparer leur pratique de la campagne précédente et optimiser celles de la campagne suivante.

En octobre, certains ont investi dans des outils de désherbage mécanique comme une herse treffler ou une houe rotative. Les outils seront testés sur des parcelles de blé, à l’aveugle juste après le semis. Il sera également temps d’observer les premiers résultats du colza associé.

Contact: Isabelle DOUAY, Animatrice du groupe GIEE et 30 000, Ingénieure Réseau DEPHY, Chambre d’agriculture du Nord Pas-de-Calais

Crédits photos: Isabelle DOUAY