Projet Rés0Pest, vers le zéro phyto ?

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Le projet Rés0Pest a pour ambition d’expérimenter des systèmes de culture sans produits phytosanitaires.
Les différences avec l’agriculture biologique résident dans le fait qu’il y a la possibilité de s’appuyer sur la fertilisation minérale et l’emploi de pesticides naturels est interdit. Ce projet permet d’acquérir des références sur le comportement des cultures, les régulations biologiques entre bioagresseurs et auxiliaires et sur la dynamique de ces populations dans des systèmes zéro phytosanitaire.

Le projet s’appuie sur un réseau de 8 sites expérimentaux en France représentant bien les contextes pédoclimatiques et productifs français. Celui d’Estrées-Mons (Somme) est piloté par l’UE GCIE de l’INRA, avec l’appui des partenaires régionaux : agriculteurs bios, Agro-Transfert RT, Chambres d’agriculture, DRAAF, ITB, LaSalle Beauvais, Terres Inovia.

Un système de culture, incluant autant que possible les cultures de la région, est expérimenté avec la succession betterave/blé/orge d’hiver/haricot/colza associé/triticale. Des bandes enherbées et fleuries sont implantées autour des parcelles de 0,6 ha. La moitié des cultures de la succession est présente chaque année.

Les premiers résultats sont encourageants avec des rendements en adéquation avec les objectifs fixés (environ 70 % du rendement réalisé en conventionnel) voire largement supérieurs (betteraves 2014). La combinaison des leviers agronomiques et du désherbage mécanique permet d’obtenir des parcelles satisfaisantes au niveau de l’enherbement (céréales, colza). Sur haricots, la combinaison de la houe rotative et de la bineuse à moulinets a permis d’obtenir une parcelle très propre. Les betteraves nécessitent par contre beaucoup de désherbage manuel. La qualité d’implantation de la culture et le choix variétal deviennent déterminants dans ce système très en rupture pour la maîtrise de l’enherbement et des bioagresseurs.

La campagne 2015, est marquée par une faible population de betteraves et de nombreux ravageurs présents en début de cycle. Le colza se comporte bien, toutefois les adventices présentes sous la culture devront être maitrisées dès la récolte. Une mauvaise implantation du blé a rendu inefficace les interventions de désherbage mécanique et de nombreux faux semis devront être réalisés pour déstocker les adventices.

Ces essais sont en place pour minimum 6 ans, correspondant à la durée des rotations dans les systèmes innovants et une première évaluation multicritères sera réalisée à l’issue de la première rotation. En attendant, des visites peuvent être organisées pour des groupes d’agriculteurs ou de conseillers qui le souhaitent. Une visite a eu lieu le 30 juin avec les réseaux DEPHY Picardie et Nord-Pas-de-Calais, et des agricultrices de la FDSEA 80.

Contact: Sébastien Darras, INRA Estrées-Mons